Comme pour beaucoup de mes films, l’aventure de « Aboubakar et moi (chronique d’un confinement) » a commencé non pas avec le désir de raconter une histoire, mais avec une rencontre. À la différence de mon film « Le chanteur », la rencontre ne fut pas organisée mais fortuite. Pendant le premier confinement de 2020, pour ne pas rester seul chez moi dans mon studio marseillais de 18m2 avec un balcon de 4m2, j’ai demandé à ma mère de me « prêter » sa chienne que j’adore, ce qui me permettait aussi de sortir et d’éviter la claustrophobie et l’angoisse de la solitude. À la gare de Marseille, qui était dans mon périmètre autorisé, j’ai rencontré un jeune ivoirien, Aboubakar Soumahoro, qui était assis sur un muret. Le premier soir, nous avons discuté longuement. Je l’ai trouvé, comme on le dit dans le film, « vif, intelligent et drôle ». Mais j’avais peur de faire venir quelqu’un que je connaissais mal, ce n’est donc que le deuxième soi...